La dépression majeure, un objectif de
tortionnaires
raffinés
La légende généralement admise est que
Johan
Sebastian Bach n'a pu achever la triple fugue qui conclut Die Kunst
der Fugue. Certains dissidents remarquent que
forcément
le
Cantor a commencé par écrire la triple fugue,
avec les
trois sujets réunis, mais que son fils l'a tout simplement
perdue, et nous a raconté des carabistouilles pour sauver sa
prestance... Du reste un organiste nous a joué sa
reconstitution
d'une possible triple fugue, avec la réunion des trois
sujets.
Vous y êtes ?
Nous aussi nous allons rassembler trois sources d'information et
tâcher de les combiner en une seule synthèse, heu,
non,
quatre comme Les trois
mousquetaires
:
1 - L'oeuvre de
Françoise Sironi, qui nous explique comment
retracer l'intentionnalité du bourreau à travers
la
souffrance et la destruction actuelle de sa victime. Et comment contrer
point par point cette intentionnalité tortionnaire.
http://deonto-famille.info/index.php?topic=38.0
http://www.ethnopsychiatrie.net/actu/collegedeF.htm
2 - L'oeuvre de Carmen
Campo et Juan Luis Linares : Psychothérapie des
états
dépressifs (ESF).
Liens :
http://www.esf-editeur.fr/psy/boutique/e-docs/00/00/01/D0/document_livre.md
http://www.paternet.net/salon/forum/viewtopic.php?p=14705
http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=CTF&ID_NUMPUBLIE=CTF_030&ID_ARTICLE=CTF_030_0162
ou http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_REVUE=CTF&ID_NUMPUBLIE=CTF_030&ID_ARTICLE=CTF_030_0162
Selon leur descrïption de la fabrication du futur
dépressif
majeur, là, le couple conjugal est relativement uni -
contrairement au couple fabricant de schizophrène. Sauf
qu'il ne
laisse jamais de place aux besoins affectifs de l'enfant. L'enfant est
de trop, il est rejeté en marge, et est dressé
à
être constamment dévoué au parent le
plus
demandant, ou à sa fratrie. Il se dévoue sans
compter,
dans l'espoir que sa demande d'amour parental sera satisfaite un jour.
C'est donc pour le restant de ses jours une bonne poire facile
à
exploiter. Y compris dans son ménage...
L'épisode dépressif majeur survient quand cet
enfant
dressé à toujours donner sans recevoir, et sans
jamais
avoir le droit d'exister pour lui-même, prend conscience,
non,
prend pré-conscience que cet amour parental qu'il a
acheté toute sa vie au prix d'un dévouement
incessant, il
ne l'obtiendra jamais.
Un dépressif majeur reste généralement
en couple
stable. Il a tellement d'attentes affectives à combler, et
il/elle est tellement rempli(e) d'espoirs !
Les thérapeutes qui traitent la famille entière
remarquent bientôt que l'interaction conjugale et familiale
est
sur le mode complémentaire. Le conjoint joue le
rôle du
personnage fort, qui "n'a
pas de
problèmes", et qui s'assure constamment que le
dépressif reste bien tout au fond de sa position basse, si
chouette à exploiter. Dès que le
dépressif sort de
son gouffre de désespoir au long cours, et commence
à
s'affirmer, à exprimer ses besoins propres, la
réaction
devient violente pour le disqualifier et le faire replonger...
Note de lecture par Edith Goldbeter :
Avec
sa
collègue Carmen qui est son adjointe et une
équipe faite
de personnalités variées et
intéressantes, Juan
Luis Linares a formé des générations
de
thérapeutes familiaux au sein de
l’École de
thérapie familiale de l’Hôpital de la
Santa Cruz y
San Pablo, magnifique bâtiment relevant du style art nouveau
de
Barcelone. Chef de l’Unité de
Psychothérapie du
même hôpital, là aussi
secondée par Carmen
Campo, il a publié déjà de nombreux
ouvrages en
espagnols, celui-ci étant le premier qui est traduit en
français.
Dans cet ouvrage, les auteurs abordent les patients
dépressifs,
« emblématiques » de la psychiatrie
d’aujourd’hui (cf. Linares, 1998). Bien peu
d’auteurs
européens ont abordé jusqu’ici de
manière
aussi approfondie et avec une telle rigueur l’aspect
systémique de problématiques dites psychiatriques.
Après un bref historique des classifications nosographiques
des
différents troubles dépressifs et des
modèles de
psychothérapie associés, ils situent les
éléments relationnels qui vont constituer ensuite
de
thème central de l’ouvrage : deux champs
relationnels
leurs paraissent essentiels à explorer pour mieux
appréhender les troubles dépressifs : celui de la
«
parentalité » – type de relation
qu’a
vécu le dépressif avec ses parents dans sa
famille
d’origine, dans son enfance et maintenant – et
celui de la
« conjugalité » – relation du
dépressif
avec son conjoint.
En étudiant les caractéristiques des champs
relationnels
de leurs patients dépressifs, les auteurs constatent
qu’elles sont différentes selon le type de trouble
de
l’humeur présenté par leurs patients
– la
dysthymie et la dépression majeure. Ils excluent de cette
étude les troubles bipolaires qui leur paraissent
présenter des aspects spécifiques et dont ils
n’ont
pu réunir un échantillon de grandeur comparable
à
ceux des deux autres catégories.
Dans deux chapitres fort détaillés, les auteurs
décrivent les caractéristiques de
l’univers
relationnel et du vécu des déprimés
majeurs et des
dysthymiques. Ces modélisations seront chaque fois
illustrées ensuite à l’aide
d’un cas montrant
en même temps la démarche thérapeutique
poursuivie.
L’ouvrage se clôture sur une série de
chapitres
analysant les options thérapeutiques pouvant être
utilisées avec les familles des patients
présentant les
deux types d’états dépressifs.
Ce livre aidera les praticiens, en particulier ceux qui exercent une
pratique dans le champ de la psychiatrie, à sortir de
l’enfermement du diagnostic sans en ignorer pour autant les
composantes, pour s’intéresser à
l’univers
relationnel (et transgénérationnel) de patients
parfois
traités trop rapidement uniquement par
antidépresseurs.
Il suffit de changer quelques mots dans l'article historique de Harold
Searles, The effort to
drive the
other person crazy, de 1959, traduit chez Gallimard dans
le
recueil qui porte le titre de l'article, L'effort pour rendre l'autre fou,
pour retrouver une description assez précise des
stratégies familiales pour faire de son enfant un
dépressif profond, et pour maintenir son conjoint, ou sa
soeur,
ou son frère, dans le désespoir, l'aboulie,
l'apragmatisme. En clair, pour l'éliminer en pratique, sans
courir le risque de passer en cour d'assises. Paul Racamier, dans Les schizophrènes,
avait
résumé ces procédés pour
rendre fou :
- Obliger la victime à être
simultanément dans deux
états psychiques incompatibles.
- Simultanément séduction narcissique,
et attaque du
narcissisme primaire antoedipien, constitution d'une symbiose
anachronique entre le parent et l'enfant, dans l'omnipotence mutuelle.
Empêchement de la constitution de l'oedipe, et encore plus
empêchement de la constitution de l'identité
sexuée, des compétences en rituels de
sélection et
séduction, et des compétences territoriales.
- Dénier les perceptions correctes qu'a l'enfant, mais qui
contrarient la prestance et les illusions de perfection de l'adulte.
Exemples : dénier systématiquement que l'eau du
bain
brûle l'enfant. Accuser de paranoïa un enfant de
cinq ans
qui se plaint des persécutions.
- Menacer, terrifier : Si
tu te
sépares de moi, si tu t'autonomises, je deviendrai folle, ou
je
me suiciderai !
Seul le dernier point est spécifique de la
fabrication du
futur schizophrène. Les trois premiers
procédés
sont parfaitement applicables à cette forme de meurtre
psychique
lent, qu'est la condamnation au schéma de vie dit "dépressif".
Le seul
point-clé est que le complot contre la
personnalité de
l'enfant soit compact, sans failles où une
résistance
pourrait planter un piton salvateur.
3 - L'oeuvre de
Paul-Claude Racamier, puis de Maurice Hurni et Giovanna
Stoll.
Liens :
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=7497
http://www.mobbing-zentrale.ch/referat%20hurni-stoll.htm
http://a.pdc.free.fr/article.php3?id_article=35
http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=14901564
http://deonto-famille.info/index.php?topic=17.0
http://forum.aceboard.net/11070-246-6785-0-Certaines-familles-pour-avarier-rendre-infirmes.htm
http://forum.doctissimo.fr/psychologie/couples-relations/Femmes-perverses-manipulatrices-sujet-171420-1.htm
à http://forum.doctissimo.fr/psychologie/couples-relations/Femmes-perverses-manipulatrices-sujet-171420-23.htm
et plus.
Rappelons
qu'incestuel selon P.-C.Racamier «désigne et
qualifie ce
qui dans la vie psychique individuelle et familiale porte l'empreinte
de l'inceste non-fantasmé».
Rappelons
aussi que
«l'inceste n'est pas l'oedipe, qu'il en est même le
contraire».
Les
familles internes
oedipiennes figurent des représentations
générationnelles normales où les
parents y sont
plus âgés et plus grands que les enfants. Ainsi la
différenciation des générations, des
êtres,
des sexes, des morts et des vivants est acquise. Les fantasmes de
séduction narcissique et sexuelle co-existent mais la
séduction sexuelle prédomine dans le couple. La
relation
de contenance initiale des partenaires a été
vécue
de la façon suivante : l'objet maternel a
été
contenant et a été introjecté comme
tel. Les
angoisses primitives catastrophiques claustrophobiques (angoisse
«du trop serré») et agoraphobiques
(angoisse
«du laissé tomber», «du trop
lâché») ne sont pas excessives.
Dans les
familles internes
antoedipiennes la différenciation
générationnelle
est mal ou pas acquise. La séduction narcissique est
prévalente et la séduction sexuelle se met
pathologiquement à son service. Le fantasme
d'autoengendrement
est sous-jacent à cette organisation psychique. Les enfants
et
les parents peuvent être à
égalité
générationnelle : ils ont imaginairement le
même
âge,ou bien encore, les parents des parents sont
imaginés
frères et soeurs, et ainsi de suite.
Il peut
aussi s'agir d'un
renversement générationnel : l'omnipotence
infantile est
figurée par des parents plus jeunes et plus petits que les
enfants ; les enfants sont ainsi les parents des parents. Ici, la
différenciation des générations, des
êtres,
des sexes, des vivants et des morts n'est pas bien acquise et
des
confusions de tous ordres ont lieu, parfois massivement.
La relation
précoce des
partenaires a été dominée par une
dépendance infantile pathologique à la
mère
contenante. Tantôt il s'agit d'une
dépendance
excessive à l'objet, d'une quête
frénétique
de l'objet, tantôt défensivement contre cette
dépendance pathologique s'est constitutée une
auto-contenance mégalomaniaque. Cette
auto-contenance
pathologique est vraisemblablement le terreau du fantasme
d'autoengendrement (J.-P. Caillot, 1992).
En prolongation des cas étudiés par Hurni et
Stoll, dans
un travail personnel antérieur, diffusé en ligne,
nous
avons étudié les cas d'histrionismes
où l'enfant
est dressé comme aide-bourreau, comme tyran d'un parent, ou
bourreau d'une frère ou d'une soeur, ou d'un grand-parent
affaibli. Avec tout les intergrades entre le pôle terroriste,
où il y est contraint par la menace, et le pôle
histrionique, où l'enfant séduit son parent mobster en chef,
par son sadisme.
Telle est la catégorie nosographique des pervers
histrioniques.
Lien :
http://debats.caton-censeur.org/index.php?option=com_content&task=view&id=21&Itemid=45
4 - L'oeuvre d'Yvan
Boszormenyi-Nagy, bien réexposée par
Pierre Michard, qui remet l'éthique et les
loyautés au
centre de la perspective.
Liens :
http://forum.aceboard.net/11070-246-7421-0-Loyautes-famille-deloyautes-fourberies-perversions.htm
http://universite.deboeck.com/livre/?GCOI=28011100555230
http://www.cairn.be/article.php?ID_REVUE=CNX&ID_NUMPUBLIE=CNX_085&ID_ARTICLE=CNX_085_0167
Note de lecture par Jean Chami :
Pierre
Michard. La
thérapie
contextuelle de Boszormenyi-Nagy. Une nouvelle figure de
l’enfant
dans le champ de la thérapie familiale.
Bruxelles, De
Boeck, 2005,354 p.
Dans ce livre, Pierre Michard reprend la question du don et du
contre-don dans son espace intrafamilial, à partir de
l’enseignement du fondateur de la thérapie
contextuelle,
Yvan BoszormenyiNagy. Ce livre est à la fois un ouvrage
très documenté sur la pensée de ce
fondateur, et
un cheminement, un « arrimage » de cette
pensée au
champ thérapeutique, et à celui de la formation
des
professionnels de l’enfance et de
l’éducation.
L’auteur part du constat suivant :
l’enfant est le grand oublié de la question du
don. Les
grands auteurs qui ont abordé la question du don et de
l’échange (Mauss notamment) ont ignoré
la
problématique du don de l’enfant. Et,
lorsqu’elle a
été reconnue, on a réduit le
rôle de
l’enfant à être la cible exclusive du
don
émanant des adultes.
L’ouvrage tente de faire surgir une nouvelle figure de
l’enfant : un enfant capable de prendre des
responsabilités, capable de sollicitude envers les adultes
dont
la souffrance principale est d’être en conflit.
Tout le
travail clinique d’un projet thérapeutique va
consister
à reconnaître les efforts de l’enfant
pour
comprendre le monde familial chaotique dont il est peut-être
issu.
La notion de « parentification » a
été
vulgarisée dans le courant thérapeutique. Il
s’agit
pour l’auteur, ni de la déplorer, ni de
l’encourager, mais de reconnaître
l’effort
spécifiquement humain de l’enfant, même
si cet
effort dépasse ses capacités. L’enfant
peut donc
acquérir par là une étoffe humaine qui
mérite considération. Dans le vocabulaire de
l’approche contextuelle, cette « grandeur
éthique
» de l’enfant, pour reprendre
l’expression de
Ricœur, prend le nom de légitimité, qui
devient une
nouvelle dimension de l’identité, on pourrait dire
: un
nouveau noyau de l’identité.
Mais, si l’enfant est bafoué dans son droit de
donner,
cette légitimité peut basculer dans un droit de
vengeance, pour récupérer, soit ce
qu’il n’a
pas reçu, soit ce qu’on lui a
empêché de
donner, ce qu’on a refusé de recevoir de lui.
Cette
légitimité devient alors destructrice.
Ainsi, au long des pages de cet ouvrage passionnant, se dessinent les
contours d’une nouvelle clinique, qui n’exclut pas
pour
autant les autres, psychanalytique notamment, que l’auteur
connaît bien pour l’avoir aussi longuement
pratiquée. Par exemple, les notions de transfert et de
contre-transfert restent pertinentes, même si elles jouent un
rôle différent. Cette clinique du don, de
l’injustice, du déséquilibre de
l’échange, rencontre des réflexions des
sociologues
et des psychologues : Emmanuel Renault
(L’expérience de
l’injustice), Nancy Fraser (Qu’est-ce que
l’injustice
sociale ?) ou Axel Honneth (La lutte pour la reconnaissance).
Une idée forte de ce livre est de montrer que la clinique du
trauma, qui prend souvent le devant de la scène
aujourd’hui, est d’un autre ordre que la clinique
de
l’injustice. D’autre part, ce livre tend
à constater
que l’importance du tissu relationnel intrafamilial ou
institutionnel est au moins aussi grande que celle des
mécanismes psychiques internes. L’approche
contextuelle,
définie et exposée dans cet ouvrage, ouvre une
nouvelle
dimension de la clinique. Elle introduit des concepts majeurs, comme
celui de compte relationnel, en lien à la fois avec le
désir et la promesse ; comme celui de détresse
comptable,
source du déséquilibre de
l’échange. Un
autre concept opératif est celui de conflit de
loyauté :
toute relation humaine, y compris entre proches, est
traversée
par la question de la loyauté qu’on peut
définir
comme une recherche de priorité
d’égards. Cette
approche amène donc à un constat, une
nécessité : de reconstruire une histoire
à
plusieurs.
Enfin, l’approche contextuelle oriente clairement
l’approche thérapeutique du
côté d’une
éthique humaniste, c’est-à-dire de la
sauvegarde de
l’humain, du spécifiquement humain : «
La
thérapie devrait apporter quelque chose à la
survie de
l’humanité [1]. » Cette
fragilité du lien
humain sur lequel le thérapeute doit veiller, doit prendre
soin
[2], est portée par le souci de l’enfant, dans les
deux
sens du terme : à la fois souci que se fait
l’enfant, et
souci que le thérapeute doit à
l’enfant, comme
vecteur et porteur de ce lien d’humanité,
blessé,
détruit, mais aussi porteur d’une promesse sinon
de
réparation, du moins de reconnaissance.
Et maintenant, réunissons les quatre sujets : les aspects de
perversité
manipulatrice chez les parents générateurs de
dépressifs profonds.
En effet, ce qui frappe profondément l'observateur
engagé, c'est
l'évolution depuis un simple parasitisme
négligent, vers
toujours plus
de sadisme et de perversité, dans les complots entre parents
de
dépressifs, voire entre conjoint et parents ou beaux-parents
(ou
autres
coalitions, par exemple un couple mère-fille), pour
renfoncer au
fond
du trou, l'enfant qui tente d'en sortir : leur communion par le sadisme
partagé. Pourquoi cette évolution ? Par
narcissisme,
souci de la
prestance : "N'avouez jamais ! Liquidez plutôt les
témoins gênants !"
Le procès du narcissisme ne sera jamais assez fait...
Un mot va poser problème à de nombreux lecteurs,
car non
défini : "complot".
Il y a complot lorsqu'au moins une personne recherche et trouve un ou
des complices. Lorsqu'ils "pelotent ensemble" des
fils que
l'extérieur ne doit pas pouvoir démêler
clairement.
Ce
n'est pas forcément quelque chose de criminel ou
délictueux : la
plupart des innovations reposent sur des conspirations, capables de les
développer en secret, avant qu'une intervention
extérieure, une
concurrence par exemple, ruine le projet. On sait aussi de nombreux
exemples de conspirations vertueuses, dont l'objectif est
thérapeutique, qui même parfois
réussissent. La
nécessité même de ces
conspirations vertueuses m'était rappelé en 1978
par
Thierry Gaudin, la
mine gourmande : "Si vous voulez innover, il faut toujours
arriver
par où l'institution ne voit pas ! Sinon, dès
qu'elle
devine vos
intentions réformatrices, l'institution n'aura qu'une
idée en tête,
vous éliminer pour échapper à toute
réforme".
Thierry Gaudin est l'auteur de L'écoute des
silences ; les
institutions contre l'innovation.
Ce
sont donc bien la question de l'éthique directrice, et celle
des
résultats effectifs, qui tranchent si un complot est
criminel,
vertueux, ou banal. Une conspiration vertueuse est parfaitement
avouable, et souvent sa publication après
réussite
enchante un
lectorat. Un complot crapuleux, fut-il familial, demeure couvert par la
règle fondamentale des escrocs : "N'avouez jamais !".
Kenneth Loach avait bien montré cet épisode du
complot
entre parents, dans son film Family Life,
qui avait tant bouleversé ma jeune épouse en 1972
: un
complot pour
dénier l'existence de leur fille (dont le
développement
et
l'initiative, pourtant bien tardive, menaçaient leur
supériorité
toute-puissante), et dénier le lien filial, avec son lot de
devoirs
parentaux. Cris de la fille "Vous savez très bien
que
j'existe !".
Cri désespéré ; pour sauver sa vie,
elle devrait
se sauver, mais elle
n'a nul lieu où se réfugier hors de leur
portée.
C'est sa perte.
Voir
par exemple les tirs d'invectives et de malédictions de
Madame
Mère et
de Madame Soeur, quand je leur demandais de mettre fin à
leur
complaisance envers la criminalité organisée
(pourvu qu'elle fut féminine)...
http://jacques.lavau.perso.sfr.fr/mission_parricide/Marche_sadisme_pour_couards.html
Voilà qui est un clair aveu d'intentionnalité
tortionnaire... sans couteau, bien sûr, à la
féminine... Conformément à la
description par
Searles, de l'effort pour rendre l'autre fou.
Voir l'usage du complot A par le complot B
et réciproquement, voire de jeux de services
réciproques
entre
plusieurs complots qui feignent de tout ignorer les uns les autres,
mais communient par le sadisme et la perversité
partagés.
"Alie Boron"
("Ambre" sur quebec-politique.com) et Hélène
P.lm. - ou
n'importe
quelle autre féminazie, pour cela elles sont
interchangeables
- en
sont des exemples caractéristiques.
Dans cette histoire, le gang
le plus fin et le plus pervers subjugue et manipule les autres, qui
doivent se cramponner dans leur déni
désespéré de la
réalité.
L'enfant met au minimum des dizaines d'années avant de
démonter le piège dans lequel il a
été
enfermé - si même il y arrive avant son
décès. En effet, son bagage
génétique
l'oblige aux loyautés filiales, notre héritage
humain
commun, tandis que ses parents égocentriques bafouent leurs
devoirs de loyautés parentales.
A la lumière de l'oeuvre de Boszormenyi-Nagy et de ses
continuateurs,
nous formulons une hypothèse neurologique : disposant d'une
mémoire
biographique nettement plus étendue que celle des autres
singes,
l'homme dispose aussi d'un équipement neurologique
spécifique, lui
permettant de tenir le "Grand livre des comptes"
des
loyautés
générationnelles qui inscrivent l'individu dans
l'humanité commune.
Selon cette hypothèse, qui cliniquement est
féconde,
à défaut d'être
encore neurologiquement validée, l'éthique est
donc une
dimension
indissociable de la condition humaine, et c'est donc une escroquerie
intellectuelle que de la dénier au prétexte qu'en
étudiant telle
société animale, nous saurions tout ce qu'il est
nécessaire de savoir
de nos sociétés humaines.
Conclusion :
La croissance et la maturation dans l'espèce humaine est la
plus
lente de tout le règne animal.
L'énormité des
besoins trophiques du cerveau humain (vingt watts jour et nuit)
grève de façon unique et exceptionnelle la
croissance
physique. La lenteur de la maturation d'un petit aussi altriciel qu'est
le petit humain, exige une durée des devoirs parentaux, elle
aussi exceptionnelle. Le seul instinct sexuel, et le seul attrait
sexuel sont impuissants à fonder un couple parental dans la
durée, ni à lui fournir les raisons de rechange
pour son
évolution au cours de la maturation. Seules les
loyautés
donnent un socle et un cadre pour les négociations et la
créativité en famille. Si c'est le sexe qui fonde
les
grossesses - et exclusivement le sexe
hétérosexuel, du
reste - seules les loyautés fondent les familles, et donnent
aux
individus la sécurité dont ils ont besoin pour
leur
évolution mentale au rythme requis par leur
évolution
biologique inexorable.
L'étude des pathologies mentale confirme les points centraux
de
l'oeuvre de Boszormenyi-Nagy :
Plus que les autres espèces, nous disposons dans notre
appareillage neurologique de moyens pour réclamer et pour
donner
de la loyauté générationnelle. Cela
fait partie de
notre héritage génétique
incontournable.
Bafouer ses devoirs de loyauté
générationnelle est
un moyen extrêmement sûr pour produire des
endommagements
à long terme, quelles qu'en soient les variantes
pratiquées.
Vu cette durée de la maturation affective et intellectuelle
d'un
enfant, jusqu'à devenir à son tour un adulte
épanoui et fécond, il serait criminel de ne se
reposer
que sur les seuls comportements instinctifs de maternage et de
protection des bébés, que nous partageons avec
tous les
autres mammifères. Dans l'espèce humaine, la
parentalité est encore plus exigeante que chez les autres
espèces, et demande un encadrement et un apprentissage, dans
la
solidarité et la loyauté : des
loyautés verticales
entre générations, des loyautés
horizontales dans
les fratries, et entre parents, entre adultes. Dans l'espèce
humaine, non seulement il faut tout un village pour élever
un
enfant, mais encore plus pour élever des parents.
La genèse des dépressifs profonds n'est qu'un cas
particulier de la règle générale
: Bafouer
ses devoirs de loyauté générationnelle
est un
moyen extrêmement sûr pour produire des
endommagements
à long terme.
_________________

Les morts ne témoignent pas. Moi si, jusqu'à
présent.
Et cela, les imposteurs et les tortionnaires le
détestent, le détestent, mais le
détestent !